Gargas, bijoux de lumière


Depuis son petit hameau de Gargas, Régis Mathieu restaure et crée des lustres pour les lieux les plus prestigieux de la planète : la Galerie des glaces de Versailles, l’opéra de Monaco, le Palais Farnese à Rome, l’hôtel Ritz Carlton aux îles Cayman... mais aussi le musée Vouland à Avignon et le domaine des Andéols à Saint-Saturnin-les-Apt.
Afin que tous puissent admirer l’art de la lustrerie, il ouvre, à partir de cet été, à quelques mètres des ateliers
où l’on peut observer les compagnons au travail, un espace où il donne à voir sa propre collection composée
de quelques 200 luminaires, du XVIe siècle à nos jours. Un musée d’humeur et d’ambiance en quelque sorte, non exhaustif et féérique où le visiteur pourra trouver aussi des solutions d’éclairage et des idées d’atmosphère à mettre en oeuvre chez soi.
En projet l’hiver prochain, à l’approche de Noël, une exposition de nuit pour exalter ces oeuvres d’art, complétée par celle des Bugatis du propriétaire, autre passion de Régis Mathieu.

Olivia Gazzano

Mathieu Lustrerie. Hameau des Sauvans, 84400 Gargas.


Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Naturoptère, un nom curieux pour ce nouveau musée

A Sérignan-du-Comtat est sorti de terre un musée de 1000m², tout à côté de l’Harmas de Jean-Henri Fabre que tant de voyageurs du monde entier viennent religieusement visiter.

Ses Souvenirs entomologiques, ouvrages monumental de 4000 pages, sont traduits dans plusieurs langues et seraient connus par 75 % de la population japonaise ! Paradoxalement la majorité des français connait peu le personnage et n’est pas vraiment passionnée par l’entomologie alors même qu’elle est accro des questions environnementales, certes depuis peu ! Elle est aussi abreuvée depuis des années de documentaires animaliers ou sur ou la canopée tropicale. Tout autour de nous grouillent pourtant des quantités de formes de vie inconnues !
C’est donc sur ce terrain que le Naturoptère va agir. Décrire, faire connaître la nature au travers des insectes pour en tirer des leçons et trouver des explications à nos maux environnementaux - et peut-être au-delà ? Parce que agir en faveur de la biodiversité, terme que l’on entend maintes fois par jour en ce moment ! - revient à préserver leur diversité et pour ce faire, il faut connaître les insectes.
Si l’Harmas représente le côté patrimonial, le Naturoptère représentera l’aspect vivant et éducatif. Cet objectif passe par le choix d’une muséographie dynamique et ludique qui s’aide de jeux, des nouvelles technologies, des espèces vivantes plutôt que des collections figées, de trois salles pédagogiques accessibles à tous, d’un discours simple bien que scientifique et de plusieurs niveaux de lecture. Le but reste de parler à un public large, familial et scolaire.
L’architecture du musée participe aussi et d’une manière très originale, à la pédagogie ambiante. La toiture est plantée d’essences locales à identifier, accessible pour une déambulation sécurisée. La vue sur le Mont-Ventoux y est par ailleurs extraordinaire. Tout autour du bâtiment, des espaces pédagogiques extérieurs ont été aménagés et les rives de l’Aygues, avec ses castors, seront exploitées.
Bien sur, la construction s’aligne sur la démarche Haute Qualité Environnementale (HQE). Cette démarche est illustrée par les matériaux utilisés : le bois en majorité, les murs en briques monomur (alvéolaire et auto-isolante), ou encore l’utilisation d’isolants végétaux (chanvre). Les dépenses énergétiques sont également contrôlées, avec la chaufferie qui utilise des plaquettes forestières, l’adoption d’une hyperventilation nocturne au lieu d’une climatisation et la récupération de l’eau de pluie pour l’arrosage.
La création de ce nouveau musée est une bonne nouvelle tant la culture scientifique est peu représentée en France. Les musées à caractère scientifique sont pourtant pour la plupart passionnant et celui-ci l’est à coup sur ! Et par chance, il se trouve à Sérignan-du-Comtat !

Olivia Gazzano, paru dans le n°23 mars-avril 2010

Le Naturopère ouvrira le samedi 3 avril. Directeur scientifique : Joseph Jacquin-Porretaz. 84830 Sérignan-du-Comtat (Vaucluse). Ouverture : du lundi au dimanche, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h. Possibilité de billet couplé Naturoptère/Harmas. www.naturoptere.fr/